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L’incroyable vie de Benjamin, SVE à Samara

Dans le cadre du SVE, Benjamin est parti à l’aventure en Russie ! Découvrez sans plus attendre son témoignage !

Je fais mon SVE depuis plus de deux mois déjà à Samara, ville du sud de la Russie en bordure de la Volga.Bien qu’inconnue des circuits touristiques elle reste la 7ème ville de Russie avec ses 2 millions et demi d’habitants. Si Samara accueille peu de touristes, elle accueille de nombreuses industries depuis les années 1940 avec entre autre les premières usines des fameuses Lada, et un une dizaine de volontaires européens chaque année.

 La ville est assez chaotique et animée avec sa banlieue immense, son centre-ville qui mélange buildings et habitations en bois, ses marchés en plein air et sa circulation automobile, ce qui contraste avec l’autre berge de la Volga encore sauvage avec des forêts de bouleaux à perte de vue.

 Les volontaires sont logés dans des appartements de la périphérie construits à l’époque soviétique ou la moindre pluie transforme les trottoirs et certaines rues non asphaltées en mares de boue, mais heureusement tout gèle à partir de mi-novembre, d’où l’avantage des températures en dessous de zéro pour la propreté des chaussures et des intérieurs.

 Mon projet se déroule dans un « Dietskill sad » public, littéralement un jardin d’enfants équivalent de notre école maternelle. Dans le système scolaire russe l’école primaire commence à partir de 7 ans mais l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul démarre en maternelle. Les cours restent peu structurés et tout semble être au bon vouloir des instituteurs, en tout cas les enfants de ma classe (6 ans) savent tous lire le russe avec plus de fluidité que moi.

La particularité de ce jardin d’enfant est qu’il accueille des enfants trisomiques qui vont en classe avec les autres enfants de leur âge tout en recevant un suivi psychologique et un traitement médical spécifique dans les murs mêmes de l’école. OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La présence d’enfants trisomiques et le nombre importants d’élèves dans chaque classes (plus de 20 certains jours) rendent le travail des instituteurs assez difficile, en particulier lorsqu’ils doivent assurer les repas et les tâches ménagères seuls.

Les enfants trisomiques peuvent difficilement participer aux activités manuelles souvent à cause d’un manque de concentration dans l’environnement bruyant de la salle de classe, pour la lecture et du calcul ils n’ont pas encore le niveau pour suivre avec les autres et l’apprentissage du langage et des chiffres se fait au calme dans le bureau de la psychologue.

Le gros de mon travail consiste donc généralement à essayer de trouver des jeux sur lesquels chacun peut se concentrer, étant donné qu’ils sont tous les trois assez différents il faut parfois les accompagner tous les trois en même temps sur différentes activités (dictionnaires imagés, cubes, puzzles, jeux de balles…), les tâches plus pratiques (habillages, lavage des mains, sortir dans la cour de récréation…) peuvent aussi s’avérer parfois laborieuses et donner lieu à de longues négociations selon l’humeur du jour.

Si vivre à Samara me permet de pratiquer mon russe c’est surtout au travail que j’en ai besoin étant donné qu’aucun membre du personnel ne connaît un mot d’anglais, pour les enfants trisomiques leur russe reste très simple donc pas vraiment de problèmes de communication depuis que mon accent s’améliore. Pour les autres enfants, il suffit de connaître l’impératif des verbes utiles pour être efficace au début, après il reste à comprendre qui a frappé qui, qui a volé la petite voiture de qui…

Hors de l’école la pratique du russe devient moins évidente : le nombre d’expatriés français qu’on connait fait presque oublier qu’on est en Russie, que ce soit les volontaires avec qui on partage son appartement, des étudiants, des profs ou des cadres d’entreprises françaises implantées à Samara (c’est tellement beau de voir son Auchan national juste à côté de Castorama), et avec les jeunes russes avec un certain niveau d’étude, l’anglais suffit amplement, voire le français.

Mais on se retrouve parfois dans des situations qui justifient largement d’avoir travaillé son russe avant de venir, comme quand un immigré, Tadjik, nous invite à manger chez lui ou quand un balayeur nous amène pécher dans la Volga.