Local and International Active Seniors : Newsletter 3
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« Je m’estime être chanceux d’avoir participé à cette formation »

Dans le cadre du projet « Effective Learning », Antoine s’est rendu à Sofia pour découvrir des pratiques et méthodes de l’éducation non-formelle pouvant être partagées et appliquées dans les établissements scolaires. De retour d’une semaine intense en activités et expérimentations, Antoine partage avec nous son aventure bulgare et surtout européenne !

Je crois que dans la vie, plus on cherche moins on trouve, et que moins on cherche et plus on se trouve. Je n’ai pas cherché à participer à la formation proposée dans le cadre du projet européen Effective Learning dont le sujet pourrait se résumer à des méthodes de l’éducation non-formelle et de l’inclusion sociale à l’école. L’association Pistes-Solidaires m’a proposé de la représenter et donc de participer à cette expérience. Être dans cette disposition de réception a naturellement placé un certain détachement dans ma démarche. Cela aurait eu pour effet de me sentir en connexion avec ce que l’on pourrait appeler l’enfant intérieur. Le grand enfant que je suis a donc pu se voir proposer une pratique consistant à créer des marionnettes à partir d’un matériel des plus accessibles. Ce matériel comprend entre autres des certains types de papier que je ne saurais nommer mais que je pourrais retrouver, du scotch, de la corde, du tulle, de la laine.

J’ai été surpris de la variété des rapports de chaque participant, moi compris, avec sa marionnette de leur naissance à leur destinée. Evoquer une destinée peut sembler démesuré pour une marionnette car cela reste un objet. Cependant, en entendant et en regardant l’effet de nos mini-spectacles sur les enfants de l’école primaire, j’ai pris conscience que ces marionnettes généraient une énergie très particulière et potentiellement adaptée à faire écouter et s’exprimer les enfants dans un cadre éducatif. À l’issue de la formation, je me suis retrouvé à tenir dans mes bras ma marionnette en me disant « Où est ta place ? Que vais-je faire de toi ? Mes billets d’avion ne me permettent pas de t’amener avec moi ! ». Et en voyant la pétillance oculaire de ces enfants, j’ai décidé d’aller voir la professeur pour confier ma marionnette à sa classe car c’est sa place ! J’ai été très touché par l’émerveillement de ces enfants et par leurs réactions si spontanées au point d’en avoir les larmes aux yeux. Des adolescents ont également assisté à notre rendu. Ecrire sur cet autre type d’audience me serait aisé mais cela introduirait de la dispersion à cet article traitant ici la relation de chacun avec son enfant intérieur.

Parfois je rêve d’une éducation où les rôles de professeurs et d’élèves ne sont plus déterminés à l’avance comme c’est le cas en ce moment, comme c’était le cas du temps de mon enfance. Dans mon rêve, l’adulte pourrait apprendre auprès des enfants à reprendre contact avec son enfant intérieur car ce dernier peut s’égarer au contact du conditionnement éducatif de la famille, de l’école et de la société en général. Tout comme l’enfant apprendrait de l’adulte à rentrer dans les dynamiques sociétales en s’appuyant sur des valeurs fondamentales garantissant une santé individuelle et collective pérenne et joyeuse.

Personnellement, j’ai aimé ma marionnette car elle pouvait suivre une dynamique réaliste proche de l’humain. J’ai introduit du tonus dans son squelette en jouant avec l’effort de torsion sur le papier. Cela a eu tendance à la rendre plus petite que les autres marionnettes, mais certainement plus humaine.

Quant à la mise en mouvement, la facilitatrice nous a conseillé d’animer une marionnette avec 3 personnes. Une personne fait bouger les jambes, une autre le tronc et l’un des bras, enfin la dernière s’occupe de l’autre bras et de la tête. J’aime particulièrement le mouvement de la tête car la marionnette peut interagir avec d’autres marionnettes et avec son public. J’aime aussi beaucoup le mouvement des jambes car j’ai la sensation que la marionnette progresse dans le monde de l’imaginaire malgré l’espace réduit de son déplacement. Se retrouver à 2 ou 3 sur la même marionnette est une expérience très intéressante et permettant de développer l’écoute non-verbale de l’autre.

En complément de la formation plutôt théâtrale des marionnettes, les autres facilitatrices de l’établissement scolaire William Gladstone nous ont proposé des jeux s’appuyant sur la méthode « Global Citizenship ». Ces jeux constituent à mes yeux une boîte à outils adaptable à bon nombre de contextes et notamment au cadre de l’éducation formelle. Ces jeux me sembleraient adaptés à l’introduction de moments de pause ou de silence intellectuel en classe. Cette banque de jeux me fait penser à « L’équation du nénuphar » d’Albert Jacquard ou à mon professeur de Mathématques de « Math-Sup » qui nous racontait des anecdotes sur l’histoire des mathématiques. Je ne me souviens pas précisément du contenu de ces anecdotes mais mon corps se souvient de ses sensations car je me sentais bien quand j’écoutais mon professeur. Et ce bien-être m’a probablement aidé à écouter davantage mon professeur. Et Dieu sait que l’écoute est l’une des clefs dans la dynamique de l’éducation.

Pour conclure, je m’estime être chanceux d’avoir participé à cette formation sans pour autant savoir dans quelle mesure celle-ci pourrait s’appliquer dans ma méthode. À l’avenir dans le cas où je suis sollicité par une institution du monde de l’éducation, les effets de cette formation sur ma personne pourraient se faire sentir dans ma création.