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« Je souhaite à tout le monde de vivre une expérience similaire à la mienne »

Wendie fait partie des chanceux qui ont eu la chance d’être volontaires dans le cadre du projet ARTCOM, coordonné par notre partenaire de longue date CESIE. Ce projet lui a permis de s’engager pendant 5 mois en Afrique et plus particulièrement en Zambie. Elle partage avec nous un bel article qui invite au voyage et à la découverte !

N’ayant jamais vraiment voyagé, j’ai quitté ma terre natale pour la Zambie avec quelques appréhensions : si je tombe malade là-bas, comment faire ?
Mon anglais étant plutôt approximatif, vais-je réussir à communiquer correctement ? Comment pourrai-je contacter ma famille ? Est-il facile de se procurer de l’eau ? Les moustiques vont-ils causer ma mort ? Et tant d’autres.

Après 24h de vol, j’ai enfin pu poser mon regard sur ce pays qui allait m’héberger pour les 5 mois à venir. La première chose qui m’a frappée ce sont les couleurs. Le sable est orange rougeâtre, la végétation est abondante. La Zambie est belle !
Deuxième chose, la chaleur écrasante. Grand ciel bleu, soleil de plomb, vent chaud. Bienvenue à Livingstone !
Troisième chose, la gentillesse des gens. Des sourires à foison, des fous rires en continu, une joie de vivre incroyable.

Livingstone est une ville haute en couleurs où il fait bon vivre malgré la pauvreté. Celle-ci est partout. Ici les enfants jouent dans les rues avec ce qu’ils trouvent : sacs plastiques, pneus, cartons, bouchons de bouteilles… Ils chantent et dansent beaucoup, et sont toujours ravis de voir des bazungus (personnes de couleur blanche). Eh oui, en ville les gens sont habitués à voir des européens, mais notre maison ne se situe pas dans le centre et peu de touristes (voire pas du tout) viennent dans ce quartier. C’est donc toujours un plaisir pour eux de croiser notre chemin.

L’école se situe à 15 minutes à pied de notre logement. Ici toutes les écoles sont payantes, et étant donné la pauvreté du pays, beaucoup de parents n’ont pas les moyens de permettre à leurs enfants d’étudier. New Hope Waves (l’école dans laquelle je travaille) est la seule école gratuite du coin. Presque tous les professeurs qui s’y trouvent sont des volontaires qui n’ont jamais appris à enseigner. En effet, l’école étant gratuite nous n’avons que très peu de moyen. Pas de chaise ni de table ici, les enfants étudient assis par terre. Nous prévoyons donc de mettre en place une collecte de fonds pour remédier à ça, mais également pour acheter des livres pour les enseignants, et du matériel scolaire et créatif.

Les enfants de New Hope Waves ne sont jamais allés à l’école et par conséquent ne parlent pas encore anglais (leurs parents n’étant pas allés à l’école non plus). Nous apprenons donc les bases du Nyanja, le dialecte le plus répandu ici parmi les 72 existants, afin de communiquer avec eux.
Un blanc qui parle Nyanja ? Niveau crédibilité c’était un peu compliqué au début, mais leur envie d’apprendre a pris le dessus, en seulement 1 mois leurs progrès sont énormes. De plus les locaux sont toujours là pour nous prêter main forte et nous accompagner, autant à l’école que dans notre vie quotidienne.
Les enfants de New Hope Waves ayant une capacité de concentration plutôt restreinte, ils ne vont à l’école que de 8h à 12h, ce qui nous laisse l’après-midi pour préparer leurs devoirs du lendemain et vaquer à nos occupations : tourisme (balades, marché, musée, chutes Victoria), lessive (à la main s’il-vous-plaît), sieste à l’ombre d’un manguier… Tout ça dans la joie et la bonne humeur bien entendu !

Ce mode de vie est un bonheur au quotidien pour tous les volontaires ici. Je ne rencontre que des gens fantastiques, des Zambiens évidemment mais également des gens venant des quatre coins du monde pour venir en aide à New Hope Waves. Je souhaite à tout le monde de vivre une expérience similaire à la mienne. J’apprends et grandi tous les jours, je vis actuellement un rêve éveillé dont je me souviendrai toute ma vie. Zikomo Zambia, niku konda.