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Un escape game à l’école ? Et pourquoi pas …

Pistes-Solidaires est partenaire du projet européen « Effective learning » qui vise à permettre la mobilité de professeurs et de travailleurs de jeunesse afin de partager des bonnes pratiques et de réfléchir à de nouveaux outils pour faciliter l’intégration de méthodes d’éducation non-formelle au sein même de l’école.

Au mois de février, 2 participantes de Pistes-Solidaires ont participé à la visite d’étude en Roumanie et accueillie par notre partenaire ACTOR. Yolène nous livre son témoignage sur la semaine de mobilité où le travail a principalement porté sur les escape game.

Durant la semaine du 6 au 10 février, à Bucharest, 4 pays d’Europe se sont réunis afin de discuter de l’introduction d’outils de l’éducation non formelle dans l’éducation formelle. Des représentants de ces deux milieux étaient au rendez vous : des professeurs roumains, des animatrices d’escape game lettonnes, des enseignantes d’espagnol et d’histoire géographie de France…

Cela a été une semaine intense car les réticences de chacun et chacune furent au début dures à combattre. C’est vrai que lorsque l’on annonce de faire un escape game avec une classe de 30 élèves tout en ayant un but éducatif, cela parait ambitieux. Mais au fur et à mesure de la semaine, en ayant des discussions sur différents sujets comme le danger et les infinies possibilités des nouvelles technologies, les attentes des parents et des professeurs des collèges, ainsi que les moyens de chacun nous avons finalement réussi à proposer 4 différents Escape Game qui avaient chacun des issues différentes.

A travers les échanges que l’on a pu avoir durant la semaine, on se rend compte que si l’on n’ a pas le statut de professeur, il faut essayer de se mettre à leur place et d’imaginer toutes les contraintes qu’ils peuvent rencontrer. A contrario, il est intéressant que les professeurs s’ouvrent à de nouvelles activités comme l’origami, les energizers ou encore l’Escape Game afin de pouvoir accepter de nouveaux outils éducatifs. Lorsque l’on a commencé à parler des nouvelles technologies, au début tout le monde s’en plaignait en disant que tout est arrivé trop vite, que l’on perd le contrôle, mais également que c’était devenu un support nécessaire pour la société dans laquelle on vit.

Alors nous avons imaginé différentes solutions pour pouvoir essayer de maîtriser un minimum ces technologies au sein d’un établissement et comment l’utiliser à son avantage. Par exemple, une professeure roumaine nous a expliqué comment elle s’était servi des applications des réseaux sociaux pour sa leçon sur Christophe Colomb. Elle a demandé à ses élèves de réaliser sa biographie mais elle a demandé aux élèves de la présenter sous la forme d’une page Facebook. Les élèves ont été ravis de cette leçon, car tout en apprenant l’identité de Christophe Colomb, ils s’amusaient à lui créer un profil Facebook (sur papier) et ils ont tous appris de nouvelles connaissances tout en s’amusant.

Une autre professeure nous a partagé la journée sans smartphone que leur établissement avaient mis en place. Ils sont conscients que l’on ne peut empêcher l’utilisation des smartphones au quotidien des élèves (ne serait ce que pour les parents qui viennent les chercher, pour qu’ils disent quand ils sont arrivés…) mais ils ont imposé rien qu’une journée dans l’année sans celui ci. Et les élèves en ont été plus que contents de redécouvrir un peu un monde sans écran. En réfléchissant à ces nouvelles technologies qui font partie de notre quotidien désormais, nous avons également pensé à différents moyens pour faire une prévention de celles ci.

Nous avons parlé de l’instauration d’une matière qui pourrait apprendre aux élèves comment naviguer sur internet de façon raisonnable, comment arriver à vérifier les informations qui se trouvent dessus ainsi que prévenir des dangers (hackers, fake news, activités illégales) pour qu’ils soient conscients de ce qui les entoure.

Il a également été proposé qu’une discussion avec les parents soit mise en place en début d’année pour parler avec eux des effets nocifs qui peuvent exister avec une utilisation abusive des réseaux sociaux de leur part ainsi que de celle de leurs enfants, et qu’ils devaient également être actifs dans la surveillance des utilisations des smartphones.

Pour les Escape Game, nous avons eu plusieurs jours devant nous tout d’abord pour vivre deux scénarios différents dans un réel Escape Game. Ce qui a un petit peu compliqué l’idée de l’escape game à l’école durant la semaine d’ailleurs car beaucoup avaient l’ambition donc de créer un Escape Game similaire à celui que l’on avait vu qui était bien trop élaboré et équipé pour que l’on en réalise un en une semaine. Ensuite, nous avons donc décortiqué les différentes étapes pour, comme précisé au début en réaliser quatre différents !! On les a tous vécus un par un et on les a également proposés à des professeure roumaines qui venaient un après midi exprès.

Cela a été un grand succès pour la plupart même si je pense que sans avoir vu les différentes étapes à préparer pour proposer le jeu, il apparaît être dur de le refaire comme ça. Nos quatre Escape Game étaient donc : Christophe Colomb, c’était le scénario qui avait pour but principal de vérifier des connaissances que les élèves ont appris durant une séquence ( en espagnol et histoire géographie). Ensuite nous avions un Escape Game avec pour thème les contes de fées (public de 5-7 ans visé), le troisième Escape Game était autour de la légende du Roi Midas, (celui ci était plus dans l’optique de deviner des mots, énigmes, mais par forcément de chercher et sortir d’une pièce comme l’indique “escape” game. Et enfin le dernier, avait pour objectif de retrouver un adolescent qui avait fugué. Celui ci était d’après moi le plus intéressant, car en plus de s’amuser au début pour résoudre des énigmes, trouver des clés etc, à la fin de ce jeu, il faut réussir à comprendre pourquoi l’adolescent a fugué et comment lui proposer des solutions pour qu’il revienne à la maison. De plus, l’une des organisatrices de l’Escape nous a ensuite sensibilisés en parlant du nombre de fugues qu’il y avait par mois de jeunes adolescents, à quoi cela été du, etc.

J’ai trouvé que cette manière d’aborder un sujet sensible avec l’Escape Game était très intéressante et pouvait s’adapter facilement sur divers sujets.

Voila comment en collaboration avec 4 pays différents, nous avons réussi à proposer 4 Escape Game différents qui peuvent s’appliquer dans une classe de collège ou même lycée si cela est un peu adapté.

Même si au début il a été un peu difficile de casser cette barrière qu’il y avait entre professeurs et acteurs de l’éducation non formelle, à travers des Energizers, des activités manuelles (origami, rose en papier, argile..) et beaucoup de discussions, débats sur différents sujets, les résultats de fin de semaine ont été très enrichissants.