SINFT : créer des œuvres d’art numérique et générer des revenus
Dans notre premier article, nous vous présentions l’idée : transformer une œuvre d’art numérique en outil au service d’une cause. Place maintenant à la pratique ! Comment fonctionne la plateforme SINFT, et une collection peut-elle vraiment rapporter de l’argent à une association ou à un jeune créateur ?
La plateforme SINFT a été conçue dans le cadre du projet européen Erasmus+ du même nom, dont Pistes Solidaires est partenaire. Elle réunit au même endroit un parcours de formation en ligne et un outil pour créer ses propres NFT.
Comment ça marche ?
Pas besoin d’être un expert : la plateforme guide pas à pas, de l’idée jusqu’à la mise en vente.
- S’inscrire et se former. On commence par les cours en ligne, qui expliquent les bases : ce qu’est un NFT, comment créer en sécurité, comment monter un projet à impact.
- Créer son portefeuille numérique. C’est une sorte de coffre-fort en ligne qui permet de recevoir et de garder ses NFT. On peut connecter un portefeuille existant ou en créer un nouveau directement sur la plateforme. Les clés de sécurité restent sur votre appareil : la plateforme n’y a jamais accès.
- Lancer une collecte. On donne un titre, une description et on indique l’association ou le projet soutenu.
- Créer les œuvres. Deux options : téléverser une œuvre déjà réalisée, ou en générer une grâce à l’intelligence artificielle à partir de prompts. La plateforme aide même à améliorer les prompts pour obtenir un meilleur résultat.
- Transformer l’œuvre en NFT. En quelques clics, l’œuvre est enregistrée sur la blockchain Solana. Elle devient unique et traçable.
- La mettre en vente. Les NFT sont ensuite proposés sur des places de marché spécialisées, comme Magic Eden ou Tensor. L’équipe SINFT accompagne les créateurs pour bien les présenter.
Tout cela peut se faire seul ou en groupe, dans des « laboratoires d’innovation » où l’on construit une collection à plusieurs.
Quels revenus peut-on en tirer ?
Une collection SINFT peut rapporter de plusieurs façons.
1. La première vente. C’est le revenu le plus direct. Plusieurs formules existent : un prix fixe (simple et prévisible), des enchères (idéales pour une pièce unique), ou des niveaux de prix, par exemple Bronze, Argent et Or, pour que chacun puisse soutenir selon ses moyens.
2. Le partage automatique. Au moment du lancement, on décide qui reçoit quoi du montant de la vente : 70 % pour l’association soutenue, 29 % pour le jeune artiste, 1% pour le maintien de la plateforme. Le partage se fait automatiquement à chaque vente, sans intermédiaire, et tout le monde peut le vérifier. C’est un vrai gage de confiance pour les donateurs.
3. Des avantages qui donnent envie de soutenir. Pour rendre une collection plus attractive, on peut associer des « bonus » aux NFT : une impression papier de l’œuvre, un accès à une rencontre avec les artistes, ou même un droit de vote pour choisir le projet financé.
Une petite part de chaque vente revient à la plateforme. Elle sert à couvrir ses frais (serveurs, développement) pour qu’elle reste accessible aux futurs créateurs.
Pour qui, et pour quoi faire ?
La plateforme s’adresse à tous ceux qui veulent allier créativité et engagement :
- les jeunes qui ont une cause à défendre et envie d’apprendre en créant ;
- les animateurs et structures jeunesse qui cherchent une activité originale permettant aux jeunes d’être acteur de leurs projets ;
- les associations et entreprises sociales qui veulent tester une nouvelle manière de collecter des fonds et de toucher un public plus jeune ;
- les artistes numériques qui souhaitent mettre leur talent au service d’un projet utile.
Imaginons un groupe de jeunes accompagné par une maison de quartier. Ils créent ensemble une collection d’illustrations sur le thème de l’inclusion. Une partie des ventes finance une sortie pour le groupe, une autre soutient une association locale. Au passage, ils ont appris à monter un projet, à communiquer et à gérer un budget.
Rester réaliste
Soyons clairs : créer un NFT ne garantit pas de gagner de l’argent. Comme pour toute collecte, le succès dépend surtout de la force du message et de la communauté que l’on réussit à mobiliser.
Quelques points à garder en tête :
- Il y a de petits frais. L’enregistrement d’un NFT sur la blockchain demande une faible somme en cryptomonnaie (SOL).
- La communication compte autant que l’œuvre. Faire connaître sa collection avant son lancement est essentiel. Les cours SINFT donnent des outils pour cela.
- La valeur d’un NFT peut varier. Il faut le présenter comme un soutien à une cause, pas comme un placement.
C’est justement l’intérêt de SINFT : apprendre à utiliser ces outils de façon responsable, transparente et éthique. Pas la technologie pour la technologie : la technologie au service des personnes.

Ces articles devraient vous intéresser :
NFT et art numérique : et si votre création servait une cause ?
Découvre un projet européen qui mixe créativité, numérique et engagement.
Lire +
Women on the Move : faire entendre les voix des femmes migrantes et changer les regards
Elles racontent leur parcours, leurs défis et leurs espoirs. À travers Women on the Move, les femmes migrantes prennent la parole et nous invitent à porter un autre regard sur leurs histoires.
Lire +
Youth Social Act : une dynamique européenne qui se poursuit entre Strasbourg et Pau
Quand les jeunes Européens passent à l’action, les idées deviennent des projets concrets. Retour sur la suite de l’aventure Youth Social Act, entre Strasbourg et Pau. 👇
Lire +